30.03.2009

Servir

J’ai vécu un mois de mars particulièrement chargé, riche en émotion et en activités diverses.

C’est d’ailleurs cette variété des sujets que l’on aborde qui fait tout l’intérêt de l’engagement public.

Je conserverai d’abord en mémoire la réception donnée à Barcelone par la Chambre Française de Commerce et d’Industrie, en présence de leurs Majestés le Roi et la Reine d’Espagne.

Il est toujours réconfortant de voir qu’il existe encore chez nous des entrepreneurs qui osent et que l’image de notre pays chez notre voisin reste aussi faite d’atouts et de potentialités.

Les entreprises du département qui accompagnaient la délégation du Conseil général, ont multiplié les contacts, j’espère qu’ils seront profitables.

Et puis, la rencontre avec les souverains fut un moment exceptionnel. La famille royale a rétabli une démocratie moderne et vivante et s’est inscrite dans cette perspective de modernité avec beaucoup de dignité. Sa Majesté Juan Carlos est l’un des grands hommes de notre temps.

Le retour en Pyrénées-Atlantiques a été difficile. Les mauvaises nouvelles s’accumulent. Des entreprises majeures sont en difficulté. Celanèse a annoncé la fermeture d’Acetex Chimie à Pardies. J’ai proposé au Conseil général de demander au Premier Ministre pour le bassin de Lacq la nomination d’un commissaire à la réindustrialisation, dans le droit fil des propositions du président Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin. David Habib, le député-maire PS de Mourenx a trouvé l’idée absurde, certainement parce qu’il n’en était pas l’auteur, mais fort heureusement plusieurs élus socialistes ont approuvé cette initiative.

La session du Conseil général a mobilisé également beaucoup de mon énergie.
L’assemblée départementale fonctionne. Cela n’était pas le pronostic le plus courant voilà un an, lorsque droite et gauche se sont retrouvées à égalité et ont dû désigner leur doyen comme président.
Certes, nous avons dû nous résoudre à une hausse sensible de la fiscalité mais le Président Castaings a construit peu à peu un réel consensus pour que nous nous engagions dans une vaste révision de nos 16 politiques publiques afin de réaliser des économies et maîtriser nos dépenses de fonctionnement. La présidence Castaings ne sera pas inutile.

A Biarritz, le mois a été marqué par un pseudo affrontement entre Michel Veunac et moi-même. J’ai déjà dit dans ce blog ce qu’il en était. Je suis persuadé que dans les prochaines semaines nous aurons lui et moi l’occasion de montrer que nous travaillons ensemble derrière Didier Borotra à appliquer notre programme mais aussi à construire le Biarritz de demain. Cela pourra d’ailleurs avoir un certain souffle.

Je voudrais enfin terminer par trois moments particuliers et bien différents qui ont marqué ce mois de mars.

J’ai couru, en ce dimanche où j’écris ces lignes, la Korrika, formidable course festive à travers tout le Pays Basque en faveur de la langue basque. C’est par ce genre de mobilisation pacifique et festive qu’une société prend conscience de sa diversité, de son pluralisme mais construit également du lien social.

J’ai assisté vendredi soir à Pau à la remise des insignes d’officier de la Légion d’Honneur à mon ami Jean Gougy. Alain Marleix a ainsi honoré un homme de devoir, de dévouement mais surtout de conviction. Gaulliste avant tout, Jean m’a appris qu’en politique il faut d’abord servir des idées et construire des fidélités.
Jean a un sens de l’amitié que j’ai rarement rencontré. Avec quelques autres, j’étais heureux et fier de la reconnaissance que la République française témoignait à quelqu’un qui n’a jamais varié sur les valeurs qui sont à l’origine de son engagement derrière le Général de Gaulle dès 1958.

Enfin et alors que le mois se termine, je voudrais dire ma reconnaissance à Claudie Franqueville. Ceux qui un jour ont cherché à me joindre ou à prendre rendez-vous avec moi, connaissent cette collaboratrice dévouée et fidèle qui depuis dix ans a été d’une loyauté à toute épreuve.
Claudie a supporté mes sautes d’humeur, « Sud-Ouest » parlait récemment de mes colères légendaires, elle fut surtout une assistante de tous les instants, sachant finalement l’homme, plus bourru que méchant qui se cache derrière l’élu. Au moment où Claudie fait valoir ses droits mérités à la retraite, je voudrais du fond du cœur lui dire ma gratitude et mon amitié.
A sa manière et à sa place, Claudie aussi a servi.
Mercredi, au troisième étage de la Mairie, il y aura un parfum de nostalgie.
Merci Claudie.

19.03.2009

Redonner du sens

Peut-on vraiment penser que Michel Veunac et moi-même allons, cinq ans avant la prochaine échéance municipale, nous lancer dans une guerre de succession aussi inopportune qu’absurde ?
C’est dans tous les cas ce que le journal « Sud-Ouest », dans son édition du 12 Mars, laisse entendre.
Pourtant, il n’en est rien.
D’abord parce que ce télescopage des ambitions serait inopportun, pour ne pas dire davantage, dans cette période de crise et d’inquiétude sur l’avenir.

Dans ce contexte, nos concitoyens attendent de leurs élus qu’ils accomplissent leur mandat, qu’ils servent l’intérêt général, mais certainement pas qu’ils glorifient leur « ego » personnel et se projettent vers un scrutin prévu dans cinq ans et qui n’intéresse personne aujourd’hui.
Ensuite parce que cette rivalité serait absurde puisque la science politique la plus élémentaire nous apprend que les électeurs, avec constance, renvoient dos à dos, et sans état d’âme, les protagonistes des guerres larvées permanentes.
En revanche, l’excellent papier d’Olivier Bonnefon et de Christophe Berliocchi nous renseigne avec intérêt sur l’état d’esprit qui règne aujourd’hui dans notre bonne ville de Biarritz. Cet article indique avec force que les Biarrots ont le sentiment d’un horizon plus difficile à discerner.
De mon point de vue, deux explications trop courtes doivent être aussitôt écartées si l’on veut comprendre les raisons profondes de ce ressenti.
Il ne doit en effet pas grand-chose au fait que Didier Borotra, même s’il ne l’a jamais dit publiquement, ne sera pas candidat à sa succession. Tout simplement parce que les cinq ans qui nous séparent du prochain scrutin, constituent encore un « bail » long en politique. Rappelons que c’est la durée du mandat d’un député ou de celui du Président de la République.
Cette impression ne peut non plus s’expliquer par l’absence de programme sur cet horizon de cinq ans, bien au contraire, puisque l’équipe aux affaires est adossée sur une ambitieuse programmation d’investissements qui était au cœur de notre plateforme électorale de l’an dernier.
Dans ces conditions, les interrogations trouvent leurs causes profondes ailleurs. Il y a bien sûr le contexte général qui nourrit doutes et remises en cause. Il est donc normal, et je dirais même nécessaire, que les Biarrots s’interrogent sur la pertinence du programme mis en œuvre par l’équipe à laquelle ils ont renouvelé leur confiance en Mars 2008. Tout part d’un postulat simple : « Rien ne sera plus comme avant », à Biarritz comme ailleurs.
Mais au-delà de la conjoncture, l’interrogation est largement suscitée, de mon point de vue, par la nécessité de mettre en perspective notre programme municipal, c’est-à-dire, de l’inscrire sur une durée plus longue que l’actuel mandat.
Au moment où la municipalité, avec les conseils de quartier, s’oriente vers une démocratie locale plus participative, les Biarrots s’interrogent en effet sur le devenir de leur cité. Beaucoup, très simplement, ressentent que la croissance lorsqu’elle reviendra prendra d’autres chemins, que le développement s’inscrira dans une logique plus durable et qu’il faut donc réinterroger le projet municipal pour le mettre en résonance par rapport à ces enjeux. Bref, il nous faut, simplement, redonner du sens à notre action, pour l’inscrire dans un nouveau contexte et une nouvelle durée.

Je suis prêt, avec le maire et mes amis de la majorité municipale, à prendre ma part à cet effort qui nécessite de requestionner notre programme et de le confronter aux nouvelles attentes des Biarrots.
Je suis persuadé que Michel Veunac est dans le même état d’esprit.
Je suis convaincu que la majorité municipale trouvera dans cet exercice du cœur à mettre à l’ouvrage.
On est bien loin du choc des convoitises et des ambitions.

02.03.2009

Bonne chance, Monsieur Balladur

Le Président de la République a souhaité une mise à plat du mécano institutionnel complexe et peu lisible qui organise dans notre pays la répartition des compétences entre les différentes strates de la décision politique.

Déjà, et avant même que la commission présidée par Edouard Balladur, ait rendu compte de ses travaux, les tenants du statut quo font entendre leurs voix. Je n’en serai pas, tout simplement parce que le système actuel est de mon point de vue confus et source de surcoûts inacceptables. Résultat, le citoyen n’y voit absolument plus clair et ne peut comprendre simplement « qui fait quoi ». La vérité oblige d’ailleurs à dire que même les décideurs ont quelques difficultés à s’y retrouver.

Je vois donc émerger des travaux féconds lancés par l’ancien Premier Ministre quelques lignes de forces utiles à notre pays.

¤ La clarification des compétences, tout d’abord, afin d’en finir avec l’enchevêtrement, les empilages et les coûteuses rivalités, me paraît le premier objectif de la démarche lancée par Nicolas Sarkozy. Certes, certains arbitrages seront douloureux, mais que chacun puisse s’occuper de tout au nom du principe de « la compétence générale » est le premier facteur de la non lisibilité de notre système politico-administratif et des difficultés rencontrées par les décideurs pour monter des dossiers avec la célérité qu’impose notre monde. La prise de décision est chez nous longue, complexe et finalement réservée à des initiés. Une mise à plat s’impose.

¤ Le renforcement des intercommunalités dont le nombre devra être réduit et la taille accrue constitue pour moi la seconde ligne de force des réflexions de la Commission Balladur. Il est en effet temps d’appréhender les problèmes à la bonne échelle et celle de la commune ne l’est plus pour beaucoup de sujets : déplacements, collecte des déchets, équipements structurants culturels ou sportifs, activités économiques, schémas directeurs… Dans cette perspective, beaucoup de syndicats intercommunaux, aux empilages multiples, n’auront plus de raison d’être. Il devrait en être de même des « pays ». Mais si les citoyens y voient plus clair, qui s’en plaindra ?

¤ Le renforcement des élus locaux avec la création des conseillers territoriaux siégeant soit à la Région (Conseil régional), soit au Département (Conseil départemental) constitue pour moi une autre piste intéressante. Ces élus, grâce à l’échelle à laquelle ils seront conduits à exercer leurs responsabilités, seront non seulement tout à fait favorables à une répartition stricte des compétences entre la Région et le Département, puisqu’ils siègeront au moins pour partie d’entre eux dans les deux assemblées, mais surtout ils en seront les moteurs car en charge de l’ensemble des questions de cet échelon intermédiaire entre le couple commune et intercommunalité et l’Etat. L’affrontement entre Région et Département serait ainsi dépassé et laisserait place à la complémentarité.

Trois niveaux de décision apparaîtraient clairement :

  1.  Commune et intercommunalité liées entre elles par l’élection et la répartition des compétences,
  2.  Département et Région également liés tant par le scrutin que par la complémentarité des champs d’intervention,
  3.  Etat et Europe, de plus en plus imbriqués par le principe de subsidiarité.


Le poids du conseiller territorial (comparable aux députés régionaux que l’on trouve dans tellement de pays d’Europe) s’en trouverait renforcé.

Comme les élus municipaux participent aux conseils communautaires, ces élus territoriaux, ou du moins un certain nombre d’entre eux, siègeront au Conseil départemental ou au Conseil régional.
Notre pays sera ainsi enfin doté d’un corps d’élus intermédiaires digne d’une grande démocratie décentralisée, l’interdiction du cumul des mandats devrait en être la conséquence avec enfin la mise en place d’un statut de l’élu, rendu possible puisque leur nombre sera réduit.

¤ Mais la Commission Balladur a lancé d’autres pistes intéressantes :

- de grandes métropoles dotées de compétences particulières, ouvrant la voie à une organisation différente selon les territoires,
- le regroupement des régions volontaires,
- l’utilisation (enfin !) de ce droit à l’expérimentation que la constitution autorise et qui permettrait par exemple aux départements alsaciens de fusionner avec la Région.

L’expérimentation pourrait être chez nous l’occasion de traiter les questions spécifiques au Pays Basque sans remettre en cause le Département des Pyrénées-Atlantiques. De toute façon, depuis 2000, le Pays Basque ne s’est appuyé que de manière très « particulière » sur le concept de pays (pas de syndicat mixte, contractualisation avec l’Etat).
C’est le dispositif « Conseil des élus – Conseil de Développement » qui a été primordial, pas le « pays », et c’est la démarche spécifique qui a été raccrochée au dispositif et non le contraire. C’est elle qui doit être préservée et non le cadre qui lui peut évoluer. D’ailleurs, ce que préconise Edouard Balladur, la territorialisation de l’action publique à l’échelle pertinente par délégation de compétences, mérite qu’on ouvre un vrai débat. Une réponse « appropriée », voilà une approche novatrice qui pourrait répondre aux besoins du Pays Basque et être tout à fait conforme à l’esprit qui a animé la Commission Balladur.
Loin d’être effrayé par l’audace de l’ancien Premier Ministre, je crois que les préconisations qu’il va porter seront utiles et nécessaires car il est temps de faire bouger les choses.

Mais je ne suis pas naïf. Les égoïsmes et les corporatismes feront tout pour que la montagne accouche d’une souris.

Il faut donc que l’ancien Premier Ministre aille loin, très loin, les lobbies conservateurs de droite comme de gauche se chargeront bien assez tôt de limer les angles trop aigus.

Bonne chance, Monsieur Balladur.

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